Noam Chomsky : C'est possible, je donne tellement de conférences que je ne m'en souviens pas (rires).
À propos de la conférence de l'OTAN, eh bien la question qui me vient est pourquoi l'OTAN devrait-elle exister ? Et de fait vous pourriez même vous demander pourquoi a-t-elle été créée, mais maintenant pourquoi elle existe. Ce que je veux dire c'est qu'en théorie, que vous ne le croyiez ou non, elle était censée être une alliance défensive contre une agression soviétique potentielle, ça c'est l'idée de base. Eh bien il n'est plus nécessaire de se défendre contre une agression soviétique, si bien que quoi que vous pensiez de cette doctrine, c'est du passé.
Quand l'Union soviétique s'est effondrée un arrangement a été conclu, un arrangement récent, entre Gorbatchev et le gouvernement des États-Unis et la première administration Bush. L'arrangement stipulait que Gorbatchev faisait une concession remarquable : il acceptait que l'Allemagne réunifiée rejoigne l'alliance militaire de l'OTAN. Et cela est remarquable à la lumière de l'histoire, l'histoire du siècle passé, l'Allemagne seule avait quasiment anéanti la Russie, deux fois, et l'Allemagne se retrouvait soutenue par la puissance militaire la plus phénoménale de l'histoire, cela représentait une véritable menace. Il donna cependant son accord, mais il y eut du donnant-donnant, c'est-à-dire que l'OTAN ne devait pas s'étendre plus à l'est, afin que la Russie puisse conserver une zone tampon de sécurité. Et George Bush et James Baker, Secrétaire d'État, furent d'accord pour ne pas étendre l'influence de l'OTAN d'un pouce supplémentaire à l'est. Gorbatchev proposa aussi une zone d'exclusion des armes nucléaires dans la région, mais les États-Unis ne prirent pas en compte cette demande.
Bon, ça c'est comment la situation se présentait juste après l'effondrement de l'URSS. Bon, Clinton arriva aux affaires et que fit-il ? Eh bien l'une des premières choses qu'il fit fut de revenir sur la promesse de ne pas étendre l'OTAN vers l'est. Cela représente une menace significative pour l'Union soviétique, pour la Russie, maintenant que l'Union soviétique a disparu, c'était une menace significative et de manière prévisible ils répondirent en renforçant leurs capacités offensives, pas énormément mais quand même. Ils annulèrent l'engagement qu'ils avaient pris de ne pas utiliser l'arme atomique en première frappe, l'OTAN n'avait jamais annulé son engagement, mais ils le firent et commencèrent à se remilitariser. Avec Bush, le militarisme agressif de l'administration Bush, comme prévu, conduisit la Russie à pousser encore plus loin sa remilitarisation ; et ça continue de nos jours. Quand Bush se proposa d'installer un système de missiles en Europe de l'est, Pologne et Tchécoslovaquie, c'était une vraie provocation à l'égard de la Russie. D'ailleurs cela fut débattu dans les publications de l'agence de contrôle des armes (Arms Control and Disarmament Agency), qu'ils devraient se préoccuper de cette menace potentielle envers leur stratégie de dissuasion, en tant qu'arme de première frappe. Ils prétendirent que cela était en rapport avec les missiles iraniens, mais oubliez ça.
Prenons les propos d'Obama, le conseiller à la sécurité d'Obama James Jones, ancien commandant des marines, a déclaré être favorable à une extension de l'OTAN au sud et à l'est, une plus grande extension de l'OTAN, et d'en faire une force d'intervention. Et le chef de l'OTAN, Hoop Scheffer, a expliqué que l'OTAN doit prendre ses responsabilités pour assurer la sécurité des pipelines et des routes maritimes, que l'OTAN doit être garant de l'approvisionnement en énergie de l'ouest. Eh bien cela ressemble à une guerre sans fin, alors voulons-nous que l'OTAN existe, voulons-nous qu'il existe une alliance militaire occidentale qui prenne en charge ces opérations, sans même prétendre défendre qui que ce soit ? Eh bien je pense que c'est une très bonne question ; je ne vois pas pourquoi cela devrait exister. Ce que je veux dire c'est qu'il se trouve qu'il n'existe aucune autre alliance militaire qui lui soit comparable, et s'il devait y en avoir une, je m'y opposerais également. Donc je pense que la première question à se poser est, à quoi tout cela rime-t-il, pourquoi même devrions-nous discuter de l'OTAN, existe-t-il une seule raison pour laquelle elle devrait exister ?
Donc pourquoi évoquer la sécurité sociale ? Si c'est un problème, il s'agit vraiment d'un tout petit problème. Je pense que ce qui pousse à en parler, c'est que la sécurité sociale est considérée comme une vraie menace par les pouvoirs centraux, pas en raison de ce qu'elle fait, très efficiente avec des coûts administratifs bas, mais pour deux raisons. L'une de ces raisons est qu'elle vient en aide à la mauvaise population. Elle aide principalement les gens pauvres et les inadaptés etc., et ça c'est déjà pas bien, même si cela passe par un impôt dégressif. Mais je pense qu'une raison plus profonde est que la sécurité sociale est basée sur une idée que les pouvoirs centraux trouvent extrêmement dérangeante, c'est-à-dire la solidarité, le souci de l'autre, la communauté, etc.
L'idée fondamentale à la base de la sécurité sociale est que nous nous préoccupons de savoir si la veuve handicapée de l'autre côté de la ville a de quoi manger. Et ce genre d'idée doit être extirpée de la tête des gens. Si les gens sont attachés à la solidarité, le secours mutuel, l'entraide, etc., c'est dangereux parce que ça pourrait les conduire à s'intéresser à d'autres choses. Comme par exemple, et c'est bien connu, que le marché ne propose pas beaucoup de choix, qui sont aujourd'hui des choix cruciaux. Ainsi par exemple, le marché vous permet aujourd'hui de choisir entre plusieurs marques de voiture. Mais un marché ne vous permet pas de décider « je ne veux pas de voiture, je veux un système de transport public ». Ce n'est tout simplement pas un choix disponible sur le marché. Et la même chose est vraie sur un large éventail de sujets importants sur le plan social, comme aider la veuve handicapée là-bas de l'autre côté de la ville. C'est ce que les communautés décident, ce dont la démocratie s'occupe, ce qui fait l'objet de la sécurité sociale et du secours mutuel, et construire des institutions par le peuple pour le peuple. Et cela menace directement le système de domination et le droit de contrôle, c'est pourquoi le système de sécurité sociale est constamment attaqué même si les justifications avancées ne méritent pas qu'on s'y arrête.
Il existe d'autres questions sur le budget ; le budget est considéré comme redistributif, et en effet à la marge il l'est, mais dans la mesure où il l'est, c'est en augmentant légèrement le taux d'imposition des très riches. Les 2% les plus riches, et l'augmentation est vraiment marginale. Donc c'est légèrement redistributif, mais il y a d'autres manières d'être redistributif, qui sont plus efficaces, par exemple permettre aux travailleurs de se syndiquer. C'est bien connu que là où les travailleurs sont autorisés à se syndiquer, et la plupart le souhaitent, cela mène à des augmentations de salaires, de meilleures conditions de travail, des bénéfices etc., ce qui est redistributif et contribue à organiser les travailleurs en force politique. Et au lieu d'être atomisés et séparés ils travaillent en principe ensemble, non pas que les êtres humains fonctionnent aussi merveilleusement, mais au moins c'est un pas dans cette direction. Et toute une législation a été élaborée qui pourrait permettre cette syndicalisation, le Employee Free Choice Act en faveur de laquelle Obama s'est prononcé. Mais il n'y a rien dans le budget pour elle, de fait il n'y a rien dans le budget, autant que je puisse m'en rendre compte, qui traite de cette question de l'amélioration de la syndicalisation, qui représente un but de redistribution efficace.
Et d'ailleurs on en débat en ce moment, c'était ce matin dans les journaux, Obama accusé par les démocrates, et de fait particulièrement par les démocrates, de promettre trop. Eh bien en fait il n'a pas promis autant que cela, ce qui serait vraiment stimulant. Je veux dire que n'importe qui aurait essayé de s'en sortir en variant un peu ses effets. Et c'est la même chose avec le renflouage que vous êtes en droit d'apprécier ou non, mais n'importe quel Président aurait fait la même chose. Ce qui lui est reproché c'est qu'il en rajoute sur la réforme du système de santé, qui va s'avérer très onéreuse, encore des milliards de dollars, et que ce n'est pas le moment de faire ça. Et en effet, pourquoi la réforme du système de santé devrait être onéreuse ? Eh bien cela dépend du choix effectué. Si la réforme conforte le système privatisé, en effet, ça va être très onéreux parce que c'est un système désespérément inefficace, il est très coûteux, ses coûts administratifs sont bien plus importants que ceux de Medicare, le système géré par le gouvernement. Donc cela revient à maintenir un système que nous savons être inefficient, avec de faibles résultats, mais qui représente de grands bénéfices pour les compagnies d'assurance, les institutions financières, l'industrie pharmaceutique etc. Donc ça peut économiser de l'argent, la réforme du système de santé peut être une méthode de réduction des déficits. C'est-à-dire en passant à un système efficace qui offre à chacun une couverture santé, mais peu de personnes parlent en faveur d'un tel changement, ses promoteurs se tiennent dans les marges et ses principaux promoteurs ne sont pas inclus dans les groupes qui en discutent.
Et si vous regardez tout cela, fait après fait, beaucoup de questions de ce type surgissent. Prenez la question de la syndicalisation à nouveau, cela ne concerne pas directement le budget mais prenons un exemple. Obama, il y a quelques semaines, a souhaité faire montre de solidarité envers le mouvement des travailleurs, enfin... avec les travailleurs davantage qu'avec le mouvement ouvrier. Et il s'est rendu dans une usine de l'Illinois, une usine qui appartient à Caterpillar. Cette visite a soulevé des protestations, de groupes de défenseurs des droits humains, de groupes religieux, et d'autres, parce que Caterpillar a joué un rôle dans la destruction de ce qui restait de la Palestine. Cela représentait de vraies armes de destruction massive, donc il y a eu des manifestations mais il s'y rendit. Il y a cependant un point plus fondamental qui n'a pas été souligné, ce qui permet d'illustrer le degré atteint par notre endoctrinement idéologique. Ce que je veux dire c'est que Caterpillar a été la première entité industrielle à avoir recours aux jaunes, des briseurs de grèves, pour casser une importante grève. C'était dans les années 80, Reagan avait déjà montré la voie avec les contrôleurs aériens, mais c'était la première fois qu'une industrie manufacturière employait ce moyen. Cela n'avait plus été fait depuis des générations. De fait, c'était illégal dans tous les pays industrialisés excepté dans le régime d'apartheid d'Afrique du sud. Mais cela représentait la contribution de Caterpillar à la destruction des syndicats par l'emploi de jaunes, parce que si vous faites appel à des jaunes, adieu les grèves, pour parler franchement, ou toute autre forme d'action des travailleurs. Donc c'est l'usine à laquelle s'est rendu Obama. C'est possible qu'il ignorait tout de l'affaire, parce que le niveau d'endoctrinement dans notre société est si profond que la plupart des gens ignorent ce genre de chose. Cela dit je pense que c'est instructif, si vous estimez nécessaire d'agir pour la redistribution, vous n'allez pas dans une usine qui est entrée dans l'histoire du mouvement ouvrier en violant le principe qui dit que vous n'avez pas le droit de briser des grèves par des jaunes.
Donc bientôt ce sera le 15 avril, et des gens dans votre quartier vont acquitter leur impôt sur le revenu. La façon dont ils vont considérer ce geste, et la façon dont ils ont été dressés à le faire est qu'il existe une sorte de puissance extraterrestre, disons de Mars, qui vole l'argent que nous avons difficilement gagné et le donne au gouvernement. Bon d'accord, ce serait vrai dans un État totalitaire, mais dans une démocratie vous devriez voir les choses tout à fait différemment. Vous devriez vous dire « super, on est le 15 avril, nous allons tous contribuer à réaliser les projets que nous avons tous ensemble initiés pour le bénéfice de tous ». Mais cette idée est encore plus effrayante que celle de sécurité sociale. Cela signifie que nous aurions une véritable démocratie, et aucun centre où le pouvoir est concentré entre quelques mains ne voudra jamais que cela se réalise, pour des raisons parfaitement évidentes. Donc oui des efforts sont fournis, et des efforts plutôt couronnés de succès pour que les gens voient le gouvernement comme un ennemi, et non comme le représentant d'une collectivité qui agit pour des buts communs décidés en commun, ce qui devrait arriver en démocratie. Et c'est ce qui se passe dans une certaine mesure dans de véritables démocraties, comme la Bolivie, le pays le plus pauvre d'Amérique du sud. C'est ce genre de choses qui est en train plus ou moins de se passer là-bas. Mais c'est très éloigné de ce qui se passe ici chez nous.
Les complots en Géorgie:
de Gamsakhourdia à Saakachvili
Par Dmitri Babitch, RIA Novosti
Depuis que la Géorgie indépendante a ses propres présidents, ces malheureux font constamment l'objet d'attentats, de terribles complots auxquels participent les services secrets étrangers. Quant aux militaires géorgiens, ils ne font que tramer des coups d'Etat contre leur haut commandant. Il est à noter que la plupart du temps, le président échappe à ces attentats, complots et autres coups d'Etat, dont il ressort sain et sauf, tandis que ses adversaires politiques sont jetés en prison ou tués. Un bref rappel des souffrances endurées par les dirigeants géorgiens permettra peut-être au lecteur de mieux saisir le sens et les dessous de la récente mutinerie survenue dans la base militaire géorgienne de Moukhrovani. Celle-ci se trouve à 30 km de Tbilissi, et la mutinerie a été révélée par le vaillant président Mikhaïl Saakachvili et ses acolytes.
Le premier président de la Géorgie indépendante, Zviad Gamsakhourdia, fit exception à la règle, en étant la véritable victime du coup d'Etat militaire commis par Tenguiz Kitovani et Djaba Iosseliani en 1991. A vrai dire, ce coup d'Etat avait été davantage l'oeuvre d'éléments criminels que de militaires.
Edouard Chevardnadze, ancien ministre des Affaires étrangères de l'URSS, ramené de Moscou par ces mêmes Kitovani et Iosseliani au début de 1992, adopta dans un premier temps un comportement modeste, se faisant appeler non pas "président", mais tout simplement "chef de l'Etat". Tant qu'il s'en tint à ce statut, il ne fut pas l'objet d'attentats. Mais, à l'approche de l'élection présidentielle prévue pour l'automne 1995, la menace de putschs et d'attentats était littéralement en suspens dans l'air. Le 29 août 1995, une voiture piégée explosa près de la voiture blindée d'Edouard Chevardnadze. Quelques minutes après, le système politique de la Géorgie changea. Les principaux adversaires de Chevardnadze qui demeuraient en liberté furent considérés comme étant des conspirateurs et se retrouvèrent peu après derrière les barreaux. Quant à Chevardnadze, il apparut à la télévision quelques minutes après cette terrible explosion pour donner une interview télévisée en maillot de corps, blessé au visage par un éclat de verre. Et il remporta l'élection de novembre 1995 en recueillant 75% des voix "pour".
C'est à cette époque, en 1995, que prit corps cette formule classique du coup d'Etat militaire avorté en Géorgie, qui fut exploitée par la suite à maintes reprises tant par Chevardnadze que par Saakachvili. Cette "formule" doit comporter trois ingrédients. Premièrement, il doit y avoir une explosion ou des tirs, desquels le président ressort sain et sauf. Deuxièmement, le soir même, tous les conspirateurs sont identifiés et arrêtés, et des armes sont découvertes à leur domicile. Troisièmement, le complot est obligatoirement orchestré depuis la Russie. L'ancien ministre de la Sécurité, Igor Guiorgadze, fut accusé d'avoir fomenté l'attentat de 1995 et d'être un espion russe. Les attentats et les complots suivants ont étrangement coïncidé avec des élections ou autres situations complexes ayant vu la cote de popularité des présidents géorgiens chuter. Jugez-en vous-mêmes.
9 février 1998: la Mercedes de Chevardnadze est attaquée au lance-grenades "Moukha", mais le président, âgé de 70 ans, s'en sort sans contusions, alors même que la roquette tirée sur sa voiture aurait pu détruire un char. Le président accorde immédiatement toute une série d'interviews, qui font remonter sa cote de popularité à la veille de l'élection. Les traces des malfaiteurs conduisent en Ossétie du Nord où ils sont appréhendés, on ne sait trop pourquoi, par la police de la Russie "impériale".
Mai 1999: le Service de sécurité géorgien annonce avoir déjoué un complot contre Edouard Chevardnadze. Douze personnes sont arrêtées, dont le général Goudjar Kourachvili, ancien commandant des troupes terrestres géorgiennes. Ils sont tous emprisonnés, car ils se fixaient pour objectif d'éliminer physiquement le président du pays, le président du parlement et les responsables des "ministères de force". Les déclarations du général Kourachvili, selon lesquelles il n'avait jamais eu de telles intentions, ne sont pas prises en considération. L'attention de l'opinion publique est ainsi détournée des événements dans les gorges du Pankissi où sévissent les terroristes tchétchènes, qui enlèvent des personnes venues même de Tbilissi.
25 mai 2001: nouvelle tentative de coup d'Etat. Un bataillon de la garde nationale quitte son cantonnement pour envahir la base de Moukhrovani. Chevardnadze négocie avec les émeutiers, après quoi ceux-ci regagnent leur base.
Mai 2003: le président de l'Assemblée législative municipale de Tbilissi, Mikhaïl Saakachvili, révèle l'existence d'un plan de destitution anticipée d'Edouard Chevardnadze, élaboré avec l'aide des services secrets russes. Parmi les conspirateurs, figurent les ministres de l'Intérieur et de la Sécurité d'Etat, ainsi que le ministre d'Etat Djorbenadze, formellement le numéro deux du pays. Le but du complot est de prévenir l'éventuel transfert du pouvoir de Chevardnadze au président du parlement Zourab Jvania, que Saakachvili considère comme son allié.
23 novembre 2004: la "révolution des roses" qui a lieu en Géorgie place au pouvoir des personnalités présentées comme nouvelles. Cependant, les trois chefs de l'"insurrection" - Mikhaïl Saakachvili, Zourab Jvania et Nino Bourdjanadze - doivent leur carrière politique à Edouard Chevardnadze.
6 septembre 2006: Tbilissi annonce la découverte d'un complot organisé par le mouvement d'opposition Anti-Soros. Toute une série de militants de l'opposition sont arrêtés, et notamment la "walkyrie" du mouvement national-démocrate, Irina Sarichvili, ainsi que des membres du parti Justice d'Igor Guiorgadze.
Décembre 2007: l'ancien magnat de la télévision russe, Badri Patarkatsichvili, plus grosse fortune de Géorgie, est accusé de complot et de tentative de coup d'Etat. Ses partisans, semble-t-il, prévoyaient d'organiser des désordres massifs après l'élection présidentielle de janvier 2008 afin de destituer Mikhaïl Saakachvili. Peu après, Badri Patarkatsichvili meurt subitement en émigration.
Mars 2009: des militants du Mouvement démocratique pour la Géorgie unie, le parti de Nino Bourdjanadze, sont arrêtés pour recel d'armes et tentative de déstabiliser la situation dans le pays. Nino Bourdjanadze déclare qu'elle ne serait pas étonnée que l'on découvre chez elle "de la drogue, des armes nucléaires ou chimiques".
Après toute cette énumération, il apparaît clairement que la mutinerie intervenue récemment dans une base militaire n'est qu'un maillon d'une très longue chaîne de complots. On peut se prendre à soupçonner que les dirigeants géorgiens, qui luttent passionnément contre la "Russie stalinienne", n'ont pas perçu le stalinisme qui existe chez eux. Les derniers complots rappellent même de plus en plus non pas le "bloc trotskiste-zinoviéviste", mais le tunnel Bombay-Londres du célèbre film géorgien "Le Repentir", que le personnage principal était accusé - ce qui était vraiment le comble de l'absurdité - d'avoir voulu creuser.
Sources Ria Novosti
La Russie est le pays qui a perdu le plus de soldats et de civils lors de la dernière guerre. Mais malgré tout, Sarkozy ne parle que des Américains...
Guerre 1941-1945: une victoire qui a coûté cher
Par Dmitri Babitch, RIA Novosti
Pendant la perestroïka (réformes sociales et économiques de 1985 à 1991 en URSS), il a été admis de s'indigner: que dira-t-on de notre pays, si nous ne connaissons pas le nombre exact de pertes essuyées dans la Grande Guerre Patriotique? L'expérience mondiale est un bon médicament contre le complexe d'infériorité. De nombreux autres pays, y compris l'Allemagne, notre principal adversaire dans cette guerre, se heurtent aux mêmes problèmes. La RFA avait rendu public en 1953 le bilan "presque définitif" des pertes: 6.500.000 morts, dont 3.250.000 militaires. Il est vrai, les auteurs du rapport gouvernemental avaient ajouté que le "bilan réel serait plutôt plus élevé" que les chiffres cités en 1953. Selon des sources officielles, le bilan des pertes militaires allemandes est évalué aujourd'hui à 5.533.000 personnes, mais, évidemment, ce chiffre n'est pas non plus définitif.
En Russie, presque personne ne conteste le terrible bilan de 26,6 millions de pertes dites démographiques, établi en 1993 par un groupe de chercheurs avec à leur tête le conseiller du Centre historique des forces armées russes Grigori Krivocheïev. Le dilemme est ailleurs: comment déterminer les pertes au cours des combats dont la responsabilité n'incombe qu'aux chefs militaires? Les employés du ministère russe de la Défense qui accomplissent ces derniers temps, à la demande du président Dmitri Medvedev, les travaux visant à établir la base électronique des pertes militaires ont annoncé des chiffres sensationnels.
"D'après nos estimations, les pertes militaires générales de l'Armée Soviétique se sont chiffrées à 8.668.400 personnes, a déclaré Alexandre Kiriline, chef du Département du ministère de la Défense pour la commémoration des morts pour la Patrie. Bien entendu, ce chiffre n'est pas définitif. Il peut s'accroitre de 100, 200, voire 300.000 personnes, mais pas de millions".
L'historien militaire indépendant Alexeï Issaïev estime que le rapport entre les pertes soviétiques et allemandes de 1 à 2 fut le même durant la majeure partie de la guerre, bien qu'il ait atteint 1 à 3, même 1 à 4 aux moments les plus difficiles, surtout durant l'année tragique de 1941. D'ailleurs, à cause du chaos qui régnait lors du recul de l'armée soviétique au début de la guerre, les statistiques militaires de 1941 contiennent d'immenses "taches blanches": selon l'affirmation d'Alexandre Kiriline, les soldats de nombreuses unités qui se trouvaient dans l'encerclement furent considérés comme morts, alors que beaucoup d'entre eux gagnèrent ensuite les leurs et continuèrent à combattre. Les Allemands se heurtèrent aux mêmes difficultés en 1945, lorsque, selon Alexeï Issaïev, de nombreuses pertes ne furent pas prises en compte à cause de l'état déplorable des bureaux de statistiques du Reich qui tombait en ruines.
Alexandre Kiriline et d'autres employés de son département affirment que les prisonniers de guerre soviétiques péris dans la captivité nazie, ainsi que 103.000 personnes fusillées pour désertion, selon le verdict des tribunaux soviétiques, font également partie de ces pertes de 8,68 millions.
Il convient de signaler que la question relative aux prisonniers de guerre ne sera probablement pas élucidée entièrement. Selon les estimations du Département, il y avait environ 4,5 millions de prisonniers de guerre soviétiques, dont environ 2 millions sont retournés dans le pays. Il est difficile d'établir le sort des autres. La majeure partie d'entre eux sont certainement morts en captivité, mais 390.000 à 700.000 d'autres ont choisi de s'installer dans des Etats occidentaux ou de rester en Allemagne et dans d'autres pays de captivité. "Les Américains nous transmettent actuellement des données sur certains d'entre eux", a fait savoir Alexandre Kiriline.
La base électronique plus ou moins définitive des pertes essuyées dans la Grande Guerre Patriotique sera soumise à l'opinion publique en mai de l'année prochaine. D'immenses pertes non militaires essuyées par l'URSS, essentiellement parmi les civils (18 millions de personnes), selon les nouvelles estimations, suscitent déjà des doutes. Mais puisque 32,400 millions de personnes firent alors l'objet de la mobilisation (mis sous les drapeaux) en URSS dans des périodes différentes, il devient difficile de séparer les pertes militaires des pertes civiles.
D'ailleurs, il est clair dès aujourd'hui que la base des pertes militaires ne cessera d'augmenter. Il faut avouer que la Seconde Guerre mondiale fut une catastrophe aussi épouvantable que nous n'apprendrons jamais toute la vérité sur elle, y compris le nombre exact de morts. Par conséquent, les débats ne cesseront pas, entre autres, sur des sujets aussi délicats que le nombre de victimes, la responsabilité de tel ou tel chef militaire, la contribution apportée à la victoire par tel ou tel pays, etc.
Espérons donc que l'heure viendra où tous ceux qui participent à ces débats s'occuperont tout d'abord de la recherche de la vérité, au lieu de discuter qui a combattu plus habilement et qui a souffert le plus. On peut manifester autrement ses sentiments patriotiques tant dans le pays natal qu'à l'étranger. La plupart des monuments érigés à la mémoire des 600.000 soldats soviétiques morts en Pologne, ainsi qu'à 700.000 autres morts dans les pays baltes sont dans un état déplorable. Le monument au Soldat libérateur n'est revenu à sa place au Treptow Park après la restauration qu'il y a cinq ans. L'Allemagne a financé elle-même la restauration de ce monument érigé en 1949 en y allouant 7 millions d'euros.
"L'état des mémoriaux militaires érigés en Russie est encore pire", fait remarquer Alexandre Kiriline. Notre pays compte 26.000 tombes communes et quelque 28.000 mémoriaux. Faits de matériaux bon marché dans les années 1950, ils tombent rapidement en ruines. Le ministère de la Défense et le Comité Victoire ont proposé un projet de programme fédéral de rétablissement de ces monuments. Ce programme échelonné sur 5 ans prévoit l'octroi de 10 milliards de roubles (229,4 millions d'euros). La lutte pour cet argent du ministère des Finances promet d'être dure.
Sources Ria Novosti
L'action Ruban de Saint-Georges en France
PARIS, 7 mai - RIA Novosti. La France participe à l'action internationale Ruban de Saint-Georges commémorant la victoire de l'URSS dans la Grande guerre patriotique contre le nazisme (1941-1945), rapporte le correspondant de RIA Novosti à Paris.
Les rubans de Saint-Georges reprenant les couleurs de l'ordre militaire russe de Saint-Georges (l'orange rayé de trois bandes noires) sont distribués dans les six magasins parisiens de la chaîne de gastronomie russe Gastronom depuis le 28 avril.
"Les clients acceptent volontiers les rubans et en demandent pour leurs amis", a indiqué un employé de Gastronom. Au total, les magasins comptent diffuser plus d'un millier de rubans avant le 64e anniversaire de la Victoire qui sera célébré en Russie le 9 mai.
Les visiteurs du site (russophone) de l'action Ruban de Saint-Georges (http://gl.9may.ru/) s'adressent au bureau parisien de l'agence RIA Novosti pour obtenir des rubans.
A Marseille, l'association russo-française Perspective participe à l'action Ruban de Saint-Georges pour la deuxième année consécutive, avec le concours de l'agence RIA Novosti. L'association distribuera 200 rubans parmi ses membres et les visiteurs du Consulat général de Russie à Marseille.
Les rubans reprenant les couleurs de l'ordre militaire russe de Saint-Georges (l'orange rayé de trois bandes noires) symbolisent la mémoire de la Victoire du peuple soviétique dans la Grande guerre patriotique et la reconnaissance éternelle aux vétérans et anciens combattants qui ont délivré le monde du fascisme.
En quatre ans, plus de 45 millions de rubans ont été diffusés dans le monde entier dans le cadre de cette action organisée par l'agence RIA Novosti depuis 2005.
Pour tout renseignement sur les sites de diffusion des Rubans de Saint-Georges à l'étranger, s'adresser aux représentations des communautés russes. Pour joindre par téléphone le Comité d'organisation de l'action "Ruban de Saint-Georges", composer le +7 (495) 645-66-11. Renseignements par courriel victory@rian.ru
Sources Ria Novosti
Combattre le révisionnisme historique !
par Jean Levy
Le président russe Dmitri Medvedev a déclaré :
"Nous n'oublierons jamais que c'est l'Union Soviétique qui a apporté une contribution décisive à la fin de la Deuxième guerre mondiale, que c'est justement notre peuple qui a anéanti le nazisme et a déterminé les destinées du monde entier, en payant un prix extrêmement élevé"; a souligné le président.
"Nous chérirons cette vérité sur la guerre et nous la défendrons toujours", a déclaré M.Medvedev
Cet hommage mérité à l’Armée rouge et aux sacrifices consentis par l’URSS pour mettre à bas l’Allemagne nazie, ne touve aucun écho en Occident, et particulièrement en France, en ces jours anniversaires de la capitulation allemande du 8 mai 1945.
Toute la classe politique, des socialistes à l’UMP, et l’ensemble des médias, pratique depuis des décennies « l’omerta » sur l’apport décisif du peuple soviétique à la victoire sur le nazisme. On cache délibérément le fait historique que notre pays n’aurait pu être libéré par les seules forces alliées, débarquées en Normandie. Celles-ci ont dû faire face à une résistance opiniâtre de la Wehrmacht pour établir une tête de pont durable et élargir celle-ci au-delà du périmètre des plages du débarquement. Deux mois et demi ont été nécessaires pour franchir les 200 kms qui séparent Caen de Paris. Or, les forces allemandes, qui faisaient face aux Alliés, ne représentaient que 20% de leur potentiel global.
80% de celui-ci tentait de résister aux Soviétiques, sur plus de 2000 kilomètres, de la Baltique à la mer Noire.
Que se serait-il passé en France, sans le front oriental ?
Les Anglo-américains auraient-ils même tenté de débarquer sur le continent ?
De cette situation, pas un mot dans les manuels scolaires.
Nos enfants apprennent que la libération de notre pays a été le fait des « Américains », à qui nous devons notre liberté.
Et toutes les autorités officielles, en masquant la part décisive prise par l’Union soviétique dans la victoire, ne manquent pas de ressasser ce mensonge par omission, lors de la célébration de chaque 8 mai et à chaque anniversaire du débarquement en Normandie. Pour bien enfoncer le clou, Nicolas Sarkozy a invité Barak Obama, aux cérémonies du 6 juin prochain.
Il s’agit, en l’occurrence, d’une attitude négationniste de l’histoire, tant reprochée à ceux qui nient l’atroce réalité des camps de la mort nazis.
Mais cette version, revue et corrigée de l’histoire, par « l’élite » qui nous gouverne, ne constitue que l’écume du révisionnisme officiel.
- Qui connaît la collaboration économique permanente entre le capital américain (et français), dans la machine de guerre hitlérienne, qui s’est poursuivie, via les banques suisses, tout au long du conflit, jusqu’en 1944 ?
- Qui sait les intérêts US engagés dans les grandes entreprises allemandes, tel l’IG Farben, le géant de l’industrie chimique, dont le siège n’a jamais été bombardé, devenu, en 1945, le GQG américain en Europe ?
- Qui est au courant des tentatives de renversement d’alliance, fin 44, début 45, initiées par Allan Dulles, le patron des services secrets US (future CIA), en vue de coopérer militairement avec l’armée allemande contre l’Union soviétique ? Cette offre a été acceptée par le maréchal Kesselring, commandant des forces nazies en Italie, et le chef SS de ce secteur, un des adjoints de Himmler.
Mais Hitler a refusé cette nouvelle et sainte alliance « contre le bolchevisme ».
Que se serait-il passé, si le Führer avait accepté l’offre ?
Tous ces faits sont passés sous silence.
Le peuple de France n’a pas le droit de savoir.
La vérité historique contrarie la stratégie et les objectifs du Capital dominant.
On apprend ainsi, dès l’école, que les deux guerres mondiales, celle de 14-18 comme celle de 39-45, ne sont qu’un accident de l’histoire, une sorte de « guerre civile européenne », et que seule « la construction de l’Union européenne » permet aux peuples de notre continent de vivre en paix.
Car l’objectif est là : construire un nouvel Empire, bien sûr dominé par le Capital, essentiellement allemand, destiné à vivre mille ans.
Telle était déjà la perspective mise en scène par un certain Adolf Hitler…



